Les équipements transforment la médecine esthétique

Les équipements transforment la médecine esthétique

LES ÉQUIPEMENTS TRANSFORMENT LA MÉDECINE ESTHÉTIQUE

Jean-Yves Coste, Senior Director de la banque d’investissements, Michel Dyens & Co, explique comment les équipements à base d’énergie s’imposent comme leviers de transformation de la médecine esthétique. A noter que le congrès mondial de la médecine et de la chirurgie esthétique, Imcas, se tiendra du 1er au 3 février à Paris.

En 2016, le marché global des traitements par équipement à base d’énergie représentait environ 1 Mds  $ (en facturation aux médecins), selon Medical Insight.

Pour l’ISAPS (International Society for Aesthetics and Plastic Surgery), il est appelé à croître de 16,3% jusqu’en 2020. Tandis que le marché total de l’esthétique médicale (environ 9,2 Md$ en 2016) ne se développe “que” de +9% sur cette période. Selon l’IMCAS (International Master Course on Ageing Skin), en 2016 plus de 45000 équipements pour le raffermissement et le remodelage corporel étaient installés dans le monde avec plus de 8 millions de procédures et des taux de croissance à deux chiffres sur toutes les zones géographiques : Asie Pacifique+17,5%, Amérique latine +17,5%, Europe +15%.

En Amérique du Nord où le taux d’équipement est déjà élevé, le rythme est légèrement plus lent de +11,4%.

Les équipements à base d’énergie proposent aux médecins des technologies avancées leur permettant des prestations de plus en plus différenciées et lucratives. Ils constituent le vecteur d’entrée chez les chirurgiens et permettent de structurer une offre commerciale intégrée avec des dispositifs médicaux tels que injectables, mais aussi des produits de mésothérapie, de dermocosmétiques. Ils représentent par leur sophistication technologique la pierre angulaire de la stratégie d’éducation et de formation des praticiens et de développement de relations avec des Key Opinion Leaders.  L’ouverture de la relation fournisseur d’appareils et médecins peut être suivie de mesures de fidélisation telles que des financements par crédits-baux des équipements, des contrats d’assurance et renouvellement ainsi que de l’actualisation de logiciels.

cette intensification de la relation peut être réalisée par la livraison de consommables (ex : Zeltiq avec les consommables liés à l’appareil de cryolipolyse Coolsculpting) ou bien l’enrichissement d’un instrument de base grâce à l’ajout d’applicateurs de plus en plus pointus (ex : l’instrument de cryolipolyse Cristal du fabricant français Deleo, enrichi par de nombreuses pièces à mains. Les nouvelles technologies facilitent aussi l’utilisation des équipements. L’informatique embarqué dans les tableaux de bord et de pilotage des équipements simplifie l’interface utilisateur et donne plus de pouvoir aux médecins pour déléguer les interventions. L’internet des objets permet de télécommander les instruments, mais aussi de développer des appareils de traitement à domicile, comme pour le resurfaçage cutané et les traitements pour la redéfinition du contour du visage et l’éclat de la peau (ex : laser Reaura de Philips).

La miniaturisation des équipements (ex : instruments de blépharoplastie à base de plasma de Brera) permet une meilleure portabilité, une économie de coûts et un gain d’espace significatifs pour des pratiques contraintes par leur localisation dans des grandes villes.  

D’autre part, l’accumulation des fonctionnalités dans les plateformes intégrées pluridisciplinaires accélère l’enchaînement des opérations depuis une seule source et rend aussi plus difficile la contrefaçon de la propriété intellectuelle en raison de la complexité des brevets. la volonté convergente des fabricants, des docteurs et des patients d’innover en permanence sont déterminants dans ce développement hyperdynamique. Pour les fabricants, il s‘agit de maintenir un avantage comparatif de premier entrant en créant une rupture technologique ou en établissant un nouveau standard de traitement rendant obsolescent ceux antérieurs. Pour les médecins, il convient d’enrichir leur offre et d’anticiper des demandes de plus en plus ambitieuses de leurs patients pour rester attractifs et flexibles envers les caprices de beauté de leur patientèle. ce désir est alimenté par les réseaux sociaux et notamment les plateformes de comparaison de traitements et d’évaluation de performance des traitements esthétiques comme Realself aux Etats-Unis qui ambitionne une conquête du marché européen, Gengmei et SOyoung en Chine, qui permettent à des millenials ultra-connectés de s’informer sur le dernier cri des tendances esthétiques. Enfin, la robotique et l’Internet des objets médicaux prolongeront la tendance d’équipement depuis les cliniques et les docteurs vers les consommateurs dans le confort et l’intimité de leur domicile.

 

Jean-Yves Coste, senior director

Michel Dyens & co

 

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